DU PAIN POUR MON AME

26 janvier 2009

naitre

naitre puis vivre
tenter de vivre
survivre parfois
trebucher
se relever
apprendre
puis oublier
et mourir
a ce qu'on est
puis renaitre
naitre de nouveau
renaitre a soi
naitre d'en haut
n'etre que ca
cet etre-la
empli de toi
Jesus

02 avril 2007

utopie du lundi

Ce matin j'entends aux actualites : il suffirait que les etats diminuent de 1% leur budget defense pour que l'eau potable soit accessible a tous (acheminement et assainissement compris). Et quand il y a de l'eau il y a de l'agriculture, de l'elevage, donc a manger. Et quand l'eau est traitee la situation sanitaire s'ameliore, donc moins de maladies et moins de morts parmi les populations les plus defavorisees.

Mon ignorance me frustre. JE SAIS depuis longtemps que le monde dans lequel je vis a produit et produit encore des injustices criantes, mais je ne le sais que de maniere empirique. Quels sont les postes dont les budgets sont scandaleuselement eleves ? Nous sommes un pays riche et pourtant je vois tant de miseres autour de moi. Qui gaspille et comment ? Je sais que quelque chose ne va pas quelque part mais je ne sais ni ou ca ne va pas, ni que faire pour que ca aille mieux.

Souvent je me dis que si CHACUN d'entre nous, a son niveau prenait un engagement aupres d'une personne moins favorisee, et le tenait sur la duree... la face du monde en serait changee ! A mesure que je vieillis je comprends notre futilite et notre egoisme et ca me fait mal... Toute seule je suis impuissante, ou presque parce que qider une personne et laisser des centaines, des milliers, des millions d'autres dans la souffrance, ca n'a pas de sens. Mais si chacun s'y mettait...

01 avril 2007

le prix de notre honte

Magazine Envoye Special du 14 decembre 2006. Sangate, c'etait le sujet de ce soir-la. Le reportage se termine sur ces mots que je cite de memoire : "les refugies de Calais coutent 2 millions d'Euros par an au Ministere de l'Interieur". Ce qui coute si cher c'est la police, la voirie, tout un arsenal de mesures destinees a empecher les regugies de s'installer a Calais. Et cela fait 4 ans que le centre de Sangate a ete ferme. Je suis scandalisee, et terriblement peinee. 2 millions d'Euros ca represente combien de repas, combien de couvertures, combien de logements sur une annee ?


Mais voila, on peut s'amuser a un petit calcul :
2 millions d'euros divises par 4 euros (petit prix pour un petit repas) = 500000 repas
500000 repas divises par 365 jours = 1370 repas par jour
1370 repas divises par 3 repas par jour = 456 personnes
Restent a financer : couvertures et logements.
Oui, vraiment, ca coute moins cher de virer les gens que de les aider.
Comme ca, il nous reste de l'argent pour faire Paris-Plage et pour restaurer le Chateau de Nantes.

Je brasse de l'air.
Les communistes ont pense comme moi avant moi et on sait ou ca les a menes.
Moi je ne sais rien.
Tout ce que je sais c'est que j'ai honte.

tant d'espoirs...

New-York, mars 2007
Je ne comprends pas...
Je ne comprends pas et tout le defi est la : accepter meme si justement je ne comprends pas ; et puis continer d'esperer, de croire et d'esperer. Comme j'aimerais trouver le mode d'emploi! Le mode d'emploi de la vie... ce qu'il faut faire et ce ce qu'il ne faut pas faire, et comment faire ce qu'il faut faire et comment faire pour ne pas faire ce qu'il ne faut pas faire... Si je l'avais je le distribuerai!!! Et si quelqu'un l'a, alors de grace, distribuez-le!!!
Tant d'espoirs... Tant d'efforts ensuite, pour lutter contre le desespoir...
Je fais de mon mieux pour garder la tete hors de l'eau.
De toutes mes forces je le tire vers la vie.
Ne jamais jamais desesperer, non, plus jamais.

28 mars 2007

c'est ca...

"Quand je les ai vus la, epuises de s'etre relayes plusieurs nuits (...) j'ai su tout de suite comment je pouvais aider, moi aussi. L'amitie, c'est simple. On sait tout de suite ou est sa place. Et l'amour, au fond, c'est la meme chose..."

Martin WINCKLER, Les Trois Medecins

16 janvier 2007

que de detours !

Chez moi tout le monde est baptise, melange de respect de la tradition et de superstition. Chez moi on est catholiques par tradition. Seule ma grand-mere maternelle l'etait par conviction, enfin je crois. Mon pere l'est aussi, mais il me semble qu'il ne l'a pas toujours ete, et comme il est malade je ne parviens pas a demeler ce qui chez lui releve de la foi et ce qui releve du delire. Ma mere quand a elle a ete catholique, puis temoin de jehova, puis mormon, ce qu'elle est toujours depuis environ 20 ans. A sa maniere elle est donc croyante, mais comme elle est partie quand j'avais 5 ans ses choix n'ont eu aucune influence sur notre education religieuse, ormis celle de nous premunir contre toute tentative d'evangelisation de sa part.

Ma grand-mere maternelle nous a eleves, avec mon pere chez qui est elle venue vivre quand j'avais 7 ans. Je sais c'est bizarre, mais c'est ainsi. A cette epoque je crois que mon pere ne croyait pas, ou en tout cas s'il etait croyant sa vie d'alors etait tres loin de ressembler a ce qu'on m'enseignait et que lui de toute facon ne nous enseignait pas. On ne peut pas dire qu'il ait ete un exemple. Ma grand-mere en revanche etait croyante et essayait de mettre en pratique dans sa vie (donc dans la notre) les enseignements de l'Eglise. Elle avait un petit missel de cuir brun, un chapelet de pierres noires, une petite vierge phosphorescente qui diffusait une faible lueur verdatre dans l'obscurite, une autre en plastique transparent qui venait de Lourdes et qui contenait de l'eau benite ; elle avait aussi plein d'images pieuses qu'aujourd'hui je trouve naives. Tous ces objets laissaient les enfants indifferents, sauf moi. Je ne savais pas pourquoi, mais moi je les aimais bien ces objets et je les traitaient avec une sorte de respect un peu craintif comme celui que l'on eprouve a l'egard d'une institutrice severe mais bienveillante.

Nous avons fait toute notre scolarite, jusqu'au bac, dans des ecoles privees, donc catholiques. Enfant j'aimais le catechisme, meme si je detestais la confession parce que j'avais peur que le cure me punisse ou meme me batte pour les betises que je lui confessais - il ne me serait pas venu a l'idee de ne pas dire la verite a la confession, bien qu'a la reflexion j'avais du mal a me trouver des peches ! J'aimais bien les soeurs avec leur voiles blancs qui dansaient sur leurs epaules quand elles marchaient. J'aimais le silence des couvents ou il nous arrivait quelques fois de nous rendre pour une retraite, ce silence un peu creux ou les sandales des soeurs chuchotaient sur les dalles des couloirs, ou resonnaient les bruits des cuisines au moment ou se preparaient les repas. J'aimais ce silence que rompaient les chants lithurgiques, ces voix de femmes qui enflaient comme une voile et repoussaient alors les murs de la chapelle. J'aimais l'odeur de cire et d'encens des eglises, la lumiere tamisee par les vitraux, l'idee que Jesus etait present dans la petite lampe rouge et me regardait avec amour. Je voulais croire qu'au ciel il y avait Dieu le Pere, avec a cote de Lui Jesus son fils, et tout autour tous les saints, tous les anges, et Marie. Je voulais croire a la vie eternelle, a l'amour sans fin, au paradis. Je refusais de croire a l'enfer. L'enfer j'y etais deja, il ne pouvait pas etre ailleurs.

Des annees plus tard. Des annees de violence, d'humiliation, de peur. Des annees d'appels au secour jamais entendus. Des annees d'espoirs vains. Des annees de supplications inutiles a genoux dans des eglises, au pied des croix dressees au bord des routes, ou dans le secret de mon coeur. Des annees a etre une victime impuissante et terrifiee. Des annes plus tard, donc, il ne me restait de Dieu qu'une idee vague. Nous avions subi 18 ans de maltraitance et personne ne nous avait sortis de la. Je demarrais ma vie d'adulte en prenant la fuite, sans argent, sans bagages, sans formation, sans anour. Sans Dieu.
Et puis mon frere s'est fait assassiner. Et puis ma grand-mere est morte. Alors Dieu dans tout ca, il n'etait plus vraiment ma priorite. Et il y avait belle lurette que j'avais cesse de lui faire confiance. Je ne gardais de ma rencontre avec lui, au temps de mon enfance, qu'amertume et rancoeur. Des soeurs a qui desormais j'attribuais le qualificatif de "bonnes" - et ce n'etait pas un compliment - je ne conservais que le souvenir cuisant de la regle de fer s'abattant impitoyablement sur mes doigts, que la severite qu'elles appliquaient a notre education. Des eglises je ne conservais que le long ennui des messes dominicales auxquelles je devais assister et auxquelles je ne comprenais rien. Des images pieuses ne me restaient que le sentiment d'avoir ete trahie car aucune des promesses qu'elles contenaient n'avaient ete tenue. J'avais oublie l'emerveillement et la joie.

Les annees ont passe. Lentement, laborieusement je tentais de devenir une adulte autonome et stable. Je cherchais l'amour, mais ne le trouvais pas. J'ai ete utilisee, manipulee, salie, et je n'ai pas su me defendre. Et de blessures en desillusions j'ai vieilli. Pourtant au milieu du chaos qu'etait ma vie, il y a eu des moments de grande paix et de joie profonde. Je me souviens notamment de ce jour de l'ete 1989. J'habitais alors Dijon. Ce jour-la il faisait beau, et comme je ne travaillais pas j'etais allee me promener au bord du lac. J'aimais beaucoup cet endroit paisible et j'y venais souvent. Je me suis assise sur un banc et j'ai regarde les cygnes glisser sur la surface de l'eau sans presque la deranger. Et je me suis mise a penser que ce serait magnifique si l'un d'eux pouvait se mettre a chanter. J'imaginais que le chant du cygne devait etre forcement rare ! Et a cet instant precis, l'un d'eux a pris son envol, lourd et gracieux a la fois, et il s'est mis a chanter. J'en suis restee petrifiee. La coincidence etait tellement improbable, tellement incroyable ! Alors, du fond des tenebres de mon rejet de Dieu, un merci tremblant m'est venu au coeur. Bouleversee, j'ai recu ce chant comme un cadeau. Mais un cadeau de qui ? Et pourquoi ? Et si au fond ce n'etait q'une coincidence ? Je n'ai rien "fait" de cet evenement. Mais je peux dire aujourd'hui qu'une breche s'etait ouverte en moi.

Il m'a fallu encore des annees de cheminement avant de pouvoir m'adresser a Dieu et lui dire mon amour. Des annees emaillees de rencontres qui m'ont marquee, qu'aujourd'hui je qualifie de signes, mais dont alors, ne sachant qu'en faire, je ne faisais rien. Elles me touchaient ces rencontres, me "travaillaient" a mon insu. Mais j'avais tellement souffert que je pouvais plus croire aux promesses des evangiles. On m'avait gifle a la joue droite, j'avais tendu la gauche et on m'avait giflee de nouveau, et j'etais restee la, blessee, humiliee, sans defense. Alors les bondieuseries non merci, ce n'etait pas pour moi. Pourtant Marthe Robin a fait irruption dans ma vie et ce fut un grand chamboulement interieur. Pourtant j'ai chemine aux cotes de Debbie qui vivait avec Dieu une relation personnelle profonde que ni la maladie ni la mort n'ont mise a mal. Pourtant j'ai suivi un cours Alpha et j'ai pleure pendant des heures lorsque j'ai rencontre l'Esprit Saint. Les annees passaient et je tenais toujours Dieu a distance. Malgre des evidences que je ne pouvais nier sous peine de me devoir mettre en doute mes propres facultes mentales et intellectuelles !

Alors j'ai commence a me poser des questions, a vouloir trouver des reponses. Parce que j'etais si proche de Debbie, j'ai ete temoin pendant 5 ans de sa vie de chretienne. J'ai vu la facon dont elle priait et j'ai prie avec elle. Debbie et les siens etant protestants, j'ai assiste au culte, entendu les sermons, constate leur intimite avec la bible, chante et loue Dieu avec eux. J'ai pris conscience de l'etendue de mes barrieres, et de leur solidite. J'ai compris que ces barrieres c'etait moi qui les avais edifiees. Que si j'etais prisonniere c'etait de mon fait et que par consequent moi seule pouvais me liberer. J'ai compris qu'en arretant d'etre dans le refus, dans la lutte continuelle que je menais pour ne pas laisser Dieu m'approcher et ne pas trop m'approcher de lui, je me condamnais a l'aridite. Car la lutte est aride. Dieu etait la clef. Il ne me restait qu'a la prendre et ouvrir les portes. Ce que j'ai fait. C'est alors que s'est posee a moi la question de l'Eglise. Je voulais bien de Dieu mais pas de l'Eglise. Aujourd'hui je n'ai pas encore totalement compris les raisons de ce rejet. Elles sont multiples et complexes. Mais mon rejet est vivace et tenace.

Apres la mort de Debbie, j'ai peu a peu perdu ma joie toute recente. J'ai perdu la confiance. J'ai perdu l'Esperance. Je viens de traverser une longue periode de colere, de doute, de douleur. Ne trouvant pas en Dieu l'apaisement dont j'avais un besoin immediat, je l'ai delaisse. Il est redevenu une abstraction lointaine, pour un temps qui m'a semble vraiment tres long mais qui n'a en realite dure que quelques mois. Recemment j'ai de nouveau eprouve le besoin et le desir de Lui. Mais je ne voulais pas retourner aupres de ceux qui pourtant, depuis un an que Debbie est morte, me disent de loin en loin leur affection et leur soutien, et qui respectent la distance et le silence que je mets entre nous. Je ne voulais pas retourner aupres d'eux car ils sont catholiques. Je ne voulais pas renouer avec les catholiques car je pensais qu'ils etaient bien loin du message que le Christ est venu nous donner, empetres qu'ils sont dans une hierarchie lourde, des rites seculaires dont ils ont presque oublie le sens, des objets de cultes qu'ils sacralisent et venerent presque, une ribambelle de saints qu'ils prient a tout bout de champ et qui font un pantheon a mes yeux inacceptable. Je refusais les catholiques parce qu'ils ont reponse a tout, un conseil pour chaque situation : "prie untel tu auras telle chose" et cela m'horripile. Je refusais les catholiques, car sans toujours le formuler expressement, ils arrivent a vous faire comprendre que tout ce qui n'est pas catholique est heretique - et Debbie et Dewey ne sont pas catholiques, pire ils appartiennent a une eglise qu'en France on connait mal et dont de fait on se demande si elle n'est pas une secte. Si c'etait une secte, au bout de 13 ans d'amitie je le saurais n'est-ce pas ?! Enfin, je me disais que l'Eglise catholique est mal en point, qu'il y a des vers dans ses fruits, la preuve : les eglises se vident inexorablement.
Mais voila, j'ai besoin d'une eglise. Toute seule je ne tiens pas. J'ai besoin de prier avec d'autres, de partager, de pouvoir poser mes questions et de recevoir les reponses des autres croyants. J'ai besoin d'entendre la parole de Dieu donnee par d'autres qui la connaissent bien mieux que moi car ils l'ont etudiee pendant des annees. Enfin, j'ai besoin des autres, leur temoignage m'est essentiel pour avancer.

Il y a un peu plus de 3 ans, Debbie, sentant que je tatonnais, que j'etais en demande mais que je refusais d'aller a la rencontre de mon ancienne "famille" (catholique), de meme que je refusais de l'accompagner dans la sienne (protestante) - qui de toute facon est a presque 2 heures de route de chez moi, a cherche dans l'annuaire, et trouve, sur la ville ou j'habite, une petite communaute protestante appelee La Vigne. A son arrivee en France 20 ans plus tot, elle avait un temps frequente cette communaute dont elle aimait la facon de celebrer le Christ. Elle savait que si elle me donnait leur numero je n'appellerais pas. Elle a donc appele pour moi. Une jeune femme, americaine elle aussi, a repondu et elles ont bavarde un moment. Quand elle a raccroche, Debbie etait tres enthousiaste pour moi, elle ne doutait pas que cette fois j'allais enfin faire un pas en direction du Christ. Peu lui importait que je le fasse chez les catholiques ou chez les protestants, ce qui comptait c'etait que je le fasse ! Mais je n'ai rien fait. Jusqu'a ce que, ce que j'appelais alors le hasard - et que je reconnais aujourd'hui comme etant la main de Dieu - me conduise, encore un an plus tard, au cours Alpha de la paroisse catholique pres de chez moi. J'ai lache prise et Dieu m'a cueillie pour mon plus grand bonheur. J'ai fait un parcours, puis je me suis engagee au service, j'ai donne mon temoignage, j'ai accompagne des recommencants comme moi pendant pres de 2 ans. Mais pour autant je ne me sentais pas appartenir a l'Eglise catholique dont je restais en marge. Il etait inutile que je mente a moi meme : mon engagement etait loin d'etre total. Et je savais bien que Dieu nous demande de nous donner a lui sans reserve. La mort de Debbie je l'ai dit a fragilise ce lien a Dieu qui de toute facon n'etait pas tres solide.

Lorsqu'il y a quelques temps j'ai de nouveau ressenti le besoin et le desir de Dieu, je ne suis donc pas retournee voir les catholiques, je ne suis pas retournee a la messe, je n'ai pas repris contact avec mes amis du parcours Alpha de ma paroisse. Non. Lorsque j'ai eprouve le besoin pressant de "faire eglise", j'ai repense a un petit groupe dont m'avait parle un jour un autre de mes amis. Je me suis jetee a l'eau un dimanche, il y a 2 semaines, bravant ma timidite, depassant ma difficulte a me lever tot, j'ai rejoint D. et nous sommes alles dans un petit bar pres de l'universite. La boucle etait bouclee : j'etais dans la communaute protestante de La Vigne, j'ai fait la connaissance d'Andrea a qui Debbie avait parle au telephone 3 ans plus tot et qui se souvenait tres bien de cette unique convesation qu'elles ont eue ! Que de detours pour en arriver la ! Comme ils n'ont pas de moyens financiers ils se reunissent dans le seul local qu'on a bien voulu mettre gracieusement a leur disposition : un bar. Drole d'impression. Mais le pasteur est formidable, son sermon intelligent et tres bien argumente, s'appuie solidement sur la bible. Le petit nombre de fideles favorise la prise de contacts. La parole circule librement, meme pendant l'office ou il est demande a ceux qui le souhaitent de s'exprimer sur les textes du jour, ou de poser les questions qu'ils souhaitent poser. Bref, cette petite eglise a tout pour me plaire ! A tel point qu'apres deux semaines je dis a Dewey que pour la premiere fois j'envisage serieusement de changer d'Eglise, de catholique par tradition je pourrais bien devenir protestante par choix.

Je participe avec les autre femmes de La Vigne a une etude biblique et je dois admettre que leur connaissance des textes m'impressionne. Ce matin nous avions rendez-vous pour notre seconde seance. Nous travaillons sur l'Apocalypse, un texte passionnant mais difficile. Dewey m'a dit que pour l'apprehender il est bien de le rattacher a un texte de l'Ancien Testament : Daniel. Je n'ai pas d'Ancien Testament. J'ai bien une bible mais elle est en anglais, et la c'est un peu trop difficile. L'autre bible que j'ai est une traduction de Lemaitre de Sacy, dans un francais du XVIIe siecle qui s'il fait son effet dans une bibliotheque, ne m'est d'aucune aide pour une etude biblique. Hier je decide donc qu'il est temps de m'acheter une bible, non seulement pour pouvoir prepaper l'etude du lendemain mais aussi parce que j'eprouve soudain le besoin inexplicable et difficilement maitrisable de lire la bible. Comme, pres de mon bureau, il y a une librairie evangelique ,je decide d'aller y chercher une bible. Au moins la il n'y aura pas de bible catholique ! Mais la librairie est fermee. Il me faut pourtant une bible, et tout de suite car je veux travailler sur l'Apocalypse ce soir avant d'aller demain a l'etude. Je me resouds donc a tenter ma chance du cote de La Procure, la librairie catholique. Elle est ouverte. J'y etais deja allee mais je n'y avais pas trouve l'accueil tres engageant. Il n'y pas presque personne et l'homme qui me recoit est tres ouvert et chaleureux. Il me montre les differentes bibles qu'il a en rayon et m'oriente vers la Tob, une bible oecumenique realisee par des catholiques et des protestants ! Je me dis que celle-la est pour moi, j'y vois un signe bien sur ! Nous conversons un moment et, je ne sais toujours pas pourquoi, il me parle d'un livre qu'il a lu recemment et qui lui a beaucoup plu : Rome Sweet Home de Scott et Kimberly Hahn. Je repars avec contre mon coeur tout joyeux ma grosse bible et ce petit livre.

Je suis en train de lire Rome Sweet Home. En fait je le devore. Il retrace le parcours etonnant d'un pasteur protestant et de sa femme qui se sont convertis au catholicisme (!) et qui racontent avec une grande honnetete leur cheminement et leurs tribulations avant d'en arriver la. Et plus je le lis, plus je comprends mes doutes, mes reticences, mes blocages. A l'heure ou j'ecris ces lignes je ne peux m'empecher de penser que Dieu est vraiment formidable ! J'ai fait bien des detours, j'ai beaucoup hesite, j'ai failli tourner les talons a mon Eglise, celle ou j'ai fait mes premiers pas de chretienne, vecu mes premieres joies en compagnie de Jesus Christ. Et au moment ou je m'appretais a m'en eloigner veritablement, une fois de plus, le Seigneur me rattrape et me montre qu'il se peut que je fasse erreur ! Ce soir j'ai le coeur debordant de gratitude. Ce soir il se pourrait que je m'accorde une autre chance au sein de l'Eglise catholique.

Mon Dieu,

Il me semble tres injuste de ne t'ecrire que lorsque ca va mal. C'est pourquoi je t'ecris aujourd'hui, parce que ca va bien. J'ai retrouve le gout des petites choses qui font mon quotidien : me lever, me laver, cuisiner, faire la vaiselle, ranger au fur et a mesure, tous ces gestes qui me coutaient tant que pendant des mois je renaclais a les accomplir, me contentant du strict minimum. Je vais bien, je fais ce que j'ai a faire, de mon mieux, et je me sens tres soulagee.

Seigneur, je te rends grace. Parce que tu es reste. Tout ce temps-la tu etais la, a me tendre la main, a chuchoter a mon oreille, a m'attendre. Tu es reste pres de moi, tu ne m'a pas lachee, tu ne m'as pas brusquee. Merci pour la joie et la paix, merci pour l'esperance, merci pour le reconfort.

Un matin je me suis levee et je me suis dit : je demande beaucoup de choses au Seigneur, je prie pour beaucoup de gens autant que pour moi-meme, donc je lui parle souvent. Alors, comment se fait-il que je continue a trouver notre relation si pauvre. Et la reponse m'est venue, toute simple : parce que moi je ne fais rien pour Lui. Je lui demande beaucoup, mais qu'est-ce que moi je Lui donne ? J'ai pense a Debbie, a des gens que j'aime et qui m'aiment et j'ai realise que d'eux je recois et qu'a eux je donne. Bien sur, il ne s'agit pas de tenir la comptabilite de nos echanges. Les relations que nous avons s'equilibrent naturellent car elle sont fondees sur un va et vient constant du don. Je ne me suis pas dit que je devais faire quelque chose pour toi pour que tu m'aimes plus, ni pour te recompenser de ce que tu fais pour moi. J'ai eu envie de faire quelque chose pour toi parce que je t'aime et qu'il ne me suffit plus de te le dire. Alors je suis allee prier avec mes freres car la ou deux ou trois sont reunis en ton nom, tu es au milieu d'eux. Et je voulais etre la, faire l'effort de me lever tot pour aller rencontrer ceux qui te louent et ainsi te rencontrer, faire l'effort de depasser ma timidite et aller dans un groupe constitue ou je ne connaissais personne. Par ceux que j'ai rencontres tu m'as recue en amie et j'ai ete encouragee a revenir.
Je t'ai expose un de mes desirs et tu l'as exauce : aujourd'hui je fais partie d'un petit groupe d'etude biblique et je suis tellement contente. Je decouvre un peu plus ta parole Seigneur, et meme si je ne comprends pas toujours tout, elle m'apporte beaucoup. Hier j'ai porte contre mon coeur la Bible que je venais de m'offrir, depuis la librairie jusque chez moi. J'etais si heureuse que les gens me souriaient dans la rue ! Je te l'ai dit, je ne comprends pas toujours tout, mais la seule proximite de ta parole me procure une joie inattendue, une sensation de presque plenitude.

Mon Dieu, comme je t'aime ! Je t'aime, meme quand je trebuche. Je t'aime, meme quand je doute. Je t'aime, meme quand je me tiens loin de toi. Je t'aime, tu es la source de ma vie, la source de ma joie.

Je veux continuer a faire quelque chose pour toi, comme un cadeau que je t'offre. Je choisis de temoigner de ta presence dans ma vie. Je choisis d'etre moins tiede lorsqu'il s'agit de parler de toi. Je t'aime, alors je peux arreter de t'aimer dans l'ombre comme si je devais en avoir honte ! Qu'est-ce qui est plus important ? Ce qu'on pourrait penser de moi si je dis que je t'aime et que je veux vivre en fonction de toi, ou bien ce que moi je pense de moi-meme a chaque fois que je refuse d'assumer ce que je vis ? Qu'est-ce qui est mieux ? Vivre une demi-vie en n'etant que la moitie de moi-meme a chaque fois que je suis avec d'autres, ou vivre pleinement ce que je suis et ce que je crois, sans te trahir ? Bien sur, je connais deja la reponse. Apres tout ce que tu as fais pour moi, je te dois bien ca : je veux te sortir de l'ombre ou je te maintiens, je veux avancer dans le temps qu'il me reste a vivre en t'ayant a mes cotes et en ne te cachant plus.

Je t'aime Seigneur.

11 décembre 2006

de l'amour

En réponse à NicO qui ce matin ecrit ceci : "... je ne voudrais pas vous parler de don mais de réception. Saint Jean de la Croix disait : "A la fin, nous serons jugés sur l'amour". Non pas sur l'amour que nous avons donné, mais sur l'amour que nous avons accepté de recevoir. Car l'amour nous est offert. Mystérieusement. "Tout est grâce", disaient Thérèse de Lisieux et Augustin. Tout est offert. Savons-nous recevoir ?"

Il y a quelques jours nous j'ai eu avec des amis une conversation houleuse qui a failli mal tourner... Voila comment ca a commence : Morgane a dit qu'elle voulait faire du theatre pour etre aimee ! Bien sur c'etait une boutade. Elle admet qu'au fond elle aimerait bien que tout le monde l'aime, mais elle sait que ce n'est pas possible, la-dessus elle n'a aucune illusion. Quand elle a dit qu'elle voulait etre aimee, Jamal a pris les choses au premier degre : il a dit qu'il faut arreter de vouloir etre aime, qu'on y perd son temps, son energie, sa vie. Ce a quoi j'ai repondu qu'on ne peut pas etre aime de tous mais qu'on ne peut pas vivre sans amour. J'ai affirme que j'ai besoin d'etre aimee, que ce soit par un homme, une amie, un enfant... J'ai affirme mon besoin de recevoir l'amour de l'Autre. A partir de la, nous avons nage en pleine confusion ! Jamal et Morgane parlaient de reconnaissance, je parlais d'amour. Jamal et Morgane parlaient du sentiment amoureux, je continuais à parler d'amour. Jamal a dit qu'il fallait que je devienne adulte - sic - que je cesse d'être naive - resic - que j'arrete de croire a cette illusion qu'est l'amour, que j'arrete d'attendre, que l'amour c'est une prison, que de toute facon ca ne dure pas, qu'il faut au contraire se centrer sur soi, sur son evolution, parvenir a se detacher du besoin qu'on a de l'autre ! Nous ne parlions plus du tout de la meme chose, nous ne parlions plus la meme langue, nous ne nous comprenions plus. Il elevait la voix, je me suis sentie agressee et jugee, j'ai eleve la voix a mon tour... Ouh la la !!! Et comme on sentait que ca prenait une vilaine tournure, chacun a pris sur soi et on a fini par changer de sujet. Mais la soiree avait pris une drole de tonalite...

Le lendemain et les jours suivants j'ai beaucoup reflechi au "pourquoi" de cet incident. Et j'ai realise que nous ne mettons pas tous la meme chose dans ce mot : amour. Souvent le besoin d'amour est en fait le besoin d'etre reconnu, valorise. Souvent nous attendons de l'autre qu'il nous repare, qu'il nous donne ce qu'il nous manque - jusqu'a l'estime de nous meme parfois ! Dans ces conditions le besoin d'amour peut en effet representer un danger : celui de se mettre en situation de dependance a l'autre avec toutes les derives qui peuvent en decouler.

Ce que je voulais dire c'est que nous avons tous besoin d'amour, qu'on l'admette ou pas, parceque ce besoin est non seulement legitime, mais aussi parce qu'il est intrinseque a notre nature. Pour moi, se refuser a l'amour, sous pretexte qu'il peut nous atteindre la ou nous sommes le plus faible, c'est se refuser a la vie. Oui, je crois qu'a la fin de notre vie nous serons juges sur l'amour, sur celui que nous aurons donne ET sur celui que nous aurons recu. Je veux me laisser aimer malgre mes failles, avec elles. Je veux croire que je suis digne d'amour et me laisser aimer à la manière d'un enfant qui ne se pose pas de questions et recoit l'amour comme il recoit sa nourriture. Je veux me laisser aimer, recevoir l'amour sans y mettre de conditions, pour qu'a mon tour je puisse aimer pleinement.

Je sais, dit comme ca ca ressemble a une image d'Epinal, ca a l'air trop beau pour etre vrai, trop parfait pour etre realisable ; le Candide de Voltaire aurait presque pu tenir ce discours ! Pourtant je n'en demors pas. Je sais que l'amour seul justifie la vie. Et meme si je n'arrive pas bien a recevoir l'amour, et que je le ne donne que tres maladroitement, je ne veux pas renoncer. Dusse-je vivre encore 60 ans et arriver tremblante et peut etre meurtrie au seuil de ma vie, je souhaite ne jamais renoncer a l'amour.

Ce qui est drole, c'est que le lendemain de cette soiree pour le moins animee, j'etais sortie dans la rue prendre une pause clope. Passe une petite mamie. Elle s'arrete a ma hauteur et telle la voix de ma conscience me dit a quel point le tabac est nocif. Je resume ses propos : elle me dit que je suis jeune, et belle, que ma vie merite mieux cette pollution qui peut deboucher sur un cancer, sur un drame... Et ce disant, elle plante ses bons yeux clairs dans les miens. Et puis elle me dit qu'elle sait qu'elle se mele de ce qui ne la regarde pas, que j'ai le droit de l'envoyer paitre ailleurs, mais qu'elle ne peut pas passer simplement son chemin ! Elle dit qu'elle s'appelle Maiza, qu'elle ne sait pas si je suis croyante mais qu'elle va prier pour moi, pour que je me libere de cette dependance. Et la-dessus elle me fait une grosse bise de grand-mere et elle s'en va. C'est pas de l'amour ca ? Si ce n'en est pas qu'on me dise ce que c'est ! Je n'ai pas arrete de fumer mais qu'est-ce qu'il etait bon ce petit intermede ! Qu'est-ce que c'est bon de recevoir !

Bien sur je fais le lien avec mon histoire avec Debbie. De toute ma vie je n'ai rencontre personne qui sache aimer comme Debbie aimait, qui sache donner comme Debbie donnait. Je l'ai deja dit, pendant des annees Debbie m'a aimee, c'est moi qui resistais. Je ne comprenais pas qu'elle puisse m'aimer. Pire, je ne comprenais pas qu'elle puisse aimer d'autres ET moi, qu'elle puisse donner autant d'elle-meme a chacun. Je trouvais ca suspect, un peu trop chretien. Je me disais qu'elle "s'achetait" une bonne conscience. Quand elle est tombee malade et que j'ai realise qu'elle avait besoin d'aide, je me suis dit que je devais l'aider parce que j'avais du temps et parce qu'elle avait essaye de m'aider a une epoque ou je n'allais pas tres fort. A ce moment-la, je donnais de mon temps, pas de moi. Et je ne recevais surement pas ce que donnais Debbie. Il m'a fallu vivre 5 ans a ses cotes, etre temoin de sa souffrance, pour petit a petit ouvrir mon coeur. Debbie m'a d'abord appris a recevoir. Ensuite seulement j'ai appris a donner.

Cela ne fait pas de ma vie un long fleuve tranquille ni de moi une sainte aureolee, oh non ! Cependant, je goute la joie de recevoir et celle de pouvoir dire merci. Merci pour l'amour recu, merci pour l'amitie, pour la beaute du monde, pour la richesse des gens toujours et malgre tout !

07 décembre 2006

l'espace d'une seconde...

Hier matin, des le reveil j'ai allume une bougie. Je l'ai eteinte en partant travailler. Je l'ai rallumee au travail. Je l'ai remplacee lorsqu'elle etait consumee. Je l'ai ramenee a la maison ou elle a brule jusqu'a ce que je me couche... Toute la journee une petite flamme a danse pour Debbie. Je sais qu'en Californie au moins une autre bougie a brule pour elle tout le jour. De meme en Georgie. Je me prends soudain a rever d'une multitude de petites flammes dansant doucement un peu partout pour elle, pour honorer sa memoire... Je ne sais pas si d'autres l'ont fait.

Hier matin j'etais plutot joyeuse et le suis restee toute la matinee. Hier apres midi Phyllis et moi avons pleure ton absence. Hier soir la joie etait revenue. Elle est toujours la ce matin, comme un papillon leger et multicolore. Mon coeur est une montgolfiere gonflee d'amour. Je crois que si j'inspire trop profondement je risque de decoller ! Debbie je t'aime. Je sais que tu es la, quelque part, probablement pas tres loin. Je sens bien que tu nous aimes, que tu veilles sur nous, que tu nous veux heureux... Depuis cette nuit je ressens ta presence, c'est a peine croyable ! Tu me "parles" du dedans de moi-meme et je sais que c'est toi. Ce ne sont pas des mots, ni des sons... Je dirais que je t'endends penser... Il n'y a pas de doute c'est toi, moi je ne pense pas comme ca. C'est fulgurant mais c'est indubitablement toi. Tout ensemble je recois ton amour et ta joie, et l'espace d'une seconde je percois l'Eternite. Et mon etre se dilate et s'emplit de joie, mes inquietudes disparaissent, d'un seul coup et pour quelques secondes je sais que tu es vivante, qu'apres ma mort je le serai aussi, que ca ne sert a rien de s'inquieter, que rien de tout ca n'est grave, que je peux avancer joyeuse et sereine parce qu'au bout du chemin il y a la joie sans fin pour des etres sans limites... C'est difficile a decrire, pourtant j'en ai besoin, tu me connais, ma maniere d'apprehender la vie c'est d'y mettre des mots. Ca ne dure pas longtemps mais la joie que je recois a ce moment-la laisse en moi une impression forte qui elle resiste au doute. Lorsque mon cerveau se remet en marche et me prouve que justement on n'a jamais prouve que rien de tout cela existe, quand je me mets a penser que je delire et prends mes reves pour des realites, quand je me mets a voir tout ce que je n'ai pas, tout ce qui me manque, tout ce qui me blesse et m'alourdit, la joie demeure, inexplicable, inexpliquee. Alors je m'incline, j'accepte de n'etre qu'une petite chose ignorante et bornee qui a quand meme recu la joie et ne sait pas pourquoi. Et la petite chose que je suis deborde de gratitude.

05 décembre 2006

nous avons un an

17h30. Il a plu toute l'apres-midi, et bien sur je suis rentree trempee. Et transie. Fatiguee aussi. La journee de travail a ete un peu rude. Besoin d'une pause avant de ressortir. Parceque je vais ressortir, meme si je n'en ai pas franchement envie. Ce soir je suis invitee a diner. J'enleve mon manteau mouille, je me mets a l'aise. J'ecoute mes messages, heureusement je n'ai pas besoin de rappeler. Je m'installe sur le canape, j'allume la tele. Et puis non, ca ne va pas, ce n'est pas de ca dont j'ai envie. Je l'eteins. J'eteins aussi la lumiere ne laissant qu'une petite lampe diffusant une douce lumiere orangee. En me rasseyant je me dis que ce serait chouette d'allumer une bougie. Alors je me releve, j'allume une bougie et la pose devant moi sur le verre de la table basse. Puis je m'etends. J'ecoute. Silence. Et rythmant le silence, le tit-tac du reveil quelque part dans la piece. J'ecoute le silence, j'entends la pluie sur les ardoises du toit, et dans le lointain les pneus des voitures chassant l'eau sur l'asphalte. Et soudain je me souviens. Il y a un an j'etais assise a la meme place. Il pleuvait aussi et j'avais allume des bougies pour egayer le matin blafard. Je m'en souviens parce que je l'ai ecrit. Deux jours plus tard Debbie mourrait.
Bien sur, je n'ai pas oublie que demain ca fera un an. J'y pense meme beaucoup. Ce qui m'etonne ce sont ces gestes que je n'avais pas premedites et que je viens d'accomplir, avant l'anniversaire de sa mort, et qui ressemblent tellement a ceux que j'avais accompli il y a un an, avant sa mort. C'est etrange.
Tu me manques Debbie. A l'ecrire les larmes me montent aux yeux et ma gorge se serre. Tu me manques tellement, tellement... Parfois, je pense a toi tout a coup et c'est si intense que je m'etonne ensuite que tu sois toujours morte. J'ai tout cet amour qui est le tien dans mon coeur. Ce qui est dommage c'est que le doute m'habite, tu sais ce que je veux dire. Ma Debbie.

30 novembre 2006

Naima et Abdoul


Abdoul, l'homme du desert, heureux et genereux


la maison de Abdoul et Naima



Naima, discrete, douce, genereuse.

Naima sort de son vieux sac a main un peu dechire, un peu cabosse, ses tresors de fille : un vieux miroir et son khol qu'elle partage volontiers. Elle plonge a nouveau la main dans le sac noir en simili-cuir et en ressort deux bagues de pacotille qu'elle nous tend : "cadeau" dit-elle. Mon coeur se dilate. A l'abri du regard des hommes, dans sa modeste maison de pise, Naima a enleve le voile qui d'ordinaire recouvre sa tete et cache sa nuque, son cou, ses epaules. Elle accepte de bonne grace ce qu'elle avait refuse a l'exterieur: qu'on la prenne en photo. Naima est belle, Naima est timide. Nous ne parlons pas la meme langue et nous nous comprenons. Dans le ventre de Naima grandit son troisieme enfant. Six mois nous fait-elle comprendre. Elle lui donnera la vie dans cette maison.
Je ne sors pas indemne de cette rencontre, et c'est tant mieux.
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sur la dune, la joie !

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chez Naima, sur la Hamada


Naima cuit le pain...................La cuisine de Naima
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29 novembre 2006

le desert, le choc


le desert, premier contact, premiere joie




Merzouga, porte de "mon" desert




au reveil, notre chambre a l'oasis




chez Naima, sur la Hamada




La Hamada et les dunes de l'Erg Chebbi






Rentrer de voyage

Je suis partie. Je suis revenue.



Entre ces deux petites phrases, des montagnes, des dunes, des deserts, des gorges, des medinas ; et des gens au coeur ouvert aussi grand que les portes de leurs maisons ; et puis des emotions, des boulversements, des rires, des emerveillements, des silences... Je suis revenue et je digere. Les mots pour dire "mon" Maroc murissent lentement.



"Tranquiiille , dit Hamid, l'homme presse est deja mort".

04 novembre 2006

rever le voyage

Madrid
Algesiras
Tanger
Meknes
Erfoud
Merzouga
Zagora
Draa
Ourzazate
Dades
Tizi-n-Tichka
Marrakech
Les noms chantent et enchantent mes reves.


Jamais auparavant je n'avais desire franchir la Mediteranee. L'Afrique m'etait trop proche pour que je la trouve exotique. L'exotisme a mes yeux c'etait le grand nord, ou l'extreme sud, ces terres arides de trop de froid, les cils et les cheveux enrobes de cristal, les aurores boreales, les erables flamboyants, les grands pans de ciels noyes dans les lacs immenses...
Morgane m'a dit "j'ai envie de partir" et mon coeur a bondi. Nous avons cherche la formule la plus acceptable pour nos maigres finances et le Maroc s'est impose comme une evidence. Alors voila, vendredi Morgane et moi nous partons au Maroc, en voiture. Je sais, c'est fou. Mais on s'en fou ! On a 15 jours pour faire le voyage, 15 jours pour etre ailleurs, pour se deconnecter des il faut et des je dois. Pause.
Je sais, aussi loin que je partirais, toujours j'emporterais avec moi mon histoire, mes chagrins, mes coleres, comme une seconde peau, la peau de mon ame. Je ne cherche pas a la laisser derriere moi. Simplement changer de contexte pour tenter de changer de point vue. Car je sais aussi qu'en changeant de point de vue, l'aspect de ce que l'on voit change, et change par consequent leur impact sur notre etre.
Oui, j'ai peur de ce voyage. Si je pouvais, j'ecrirais "j'ai peurS". Tant de peurs m'habitent, me paralysent, me font vulnerable. Parce que je veux vivre, pleinement, librement, je veux m'affranchir de la Peur. Alors je pars la ou j'ai peur d'aller, et de la facon dont j'ai peur de le faire, convaincue malgre tout qu'au bout du compte je ne pourrai qu'admettre q'entre mes peurs et la realite l'ecart etait bien plus grand que ce que j'imaginais. Je pars, et la ou je vais se situe au-dela de moi-meme, au-dela des limites que je crois etre les miennes.
Je pars aussi pour avoir le souffle coupe, les yeux ecarquilles, le coeur qui bat a se rompre de joie en voyant comme le monde est beau, je veux vivre, me sentir vivante, vibrante, et laisser la mort ou elle est dans cet ailleurs qui n'est ni ici ni maintenant.


Je pars chercher l'impulsion de vie.

la naissance des fleurs

J'assiste emue a l'eclosion... Et je ne peux m'empecher de penser a toi Debbie, tu etais si fiere de lui, tu aimais tant sa peinture.








peinture Dewey Franklin

27 octobre 2006

embrassez qui vous voudrez

embrassez, ne frappez pas
embrassez, ne critiquez pas
embrassez, n'ignorez pas
embrassez, embrassez !
et ne me raisonnez pas
laissez moi rever...



merci Cristal, je te relaie avec bonheur : "Cette vidéo, chargée d’énergie positive, a été filmée il y a plus d’un an par le soliste de Sick Puppies. L’idée est de la faire circuler pour promouvoir la paix dans le monde. Si vous voulez reprendre la vidéo sur votre blog, il suffit de copier ce code : ici"

17 octobre 2006

Tournesols
peinture de Dewey Franklin
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depuis cette nuit

Depuis cette nuit me montent aux levres des mots de tendresse, de quelque part tout en dedans de moi comme une source jaillissante des elans de douceur qui me font fremir et tresaillir le coeur. Si je ne les retenaient pas les mots que je te dirais seraient mon doux, mon petit Jesus, mon tendre amour mais je me trouve je ne sais pas, ridicule ? deplacee ? On ne parle pas comme ca a son Dieu non ? Pourtant, si je ne censure pas j'ai envie de te dire mon doux petit jesus je t'aime, j'ai envie de te prendre dans mes bras. Ca fait si longtemps, c'etait si aride sans toi. Hier j'ai marche dans les rues desertes et fraiches. Jean-Philippe avait prononce ton nom un peu plus tot dans la soiree et ca m'a fait comme un eclair dans ma conscience : je t'avais oublie. Il ne me restait plus qu'une pensee abstraite pour un etre qu'on appelle Dieu et que je trouve bien loin. Mais tout a coup tu as fais irruption. Oh mon Jesus. Mon amour. Mon frere. Mon pere. Mon Dieu. Ma source et ma lumiere. J'ai crie en direction des etoiles, crie mon vide a la face du ciel immense, et mon cri s'est perdu dans le silence. C'est fou j'ai crie au dehors et tu etais dedans. J'ai cherche hagarde de chagrin, furieuse de ne pas voir ni entendre. J'ai trouve le monde hostile parce que vide. Et cette nuit, en marchant dans les rues solitaires je t'ai trouve assis tranquillement dans mon coeur. Je suis sure que pendant tout ce temps tu es reste la, tranquillement assis dans mon coeur a attendre que je sois enfin prete a t'accepter. Je te demande pardon mon doux, je suis partie longtemps et loin hein ? Aujourd'hui tu es la, je sais. J'aimerais bien le savoir demain encore. Ne plus jamais ne plus le savoir. Je t'endends tu sais, pas avec mes oreilles, pas du dehors, du dedans. Mon coeur se dilate et ton amour le remplit. La tete me tourne un peu. J'etais tellement malheureuse sans toi. Cette nuit je t'ai supplie, viens, viens me rejoindre, viens me chercher, viens me chercher encore je n'arrive pas a venir toute seule, mais je veux tellement te retrouver. Je me suis assise sur les marches d'une maison et je t'ai dit viens, mon Christ. Je sais que tu es deja venu mais viens encore, viens me chercher, s'il te plait, s'il te plait.
J'ai toujours peur, je suis tetanisee par la peur tant l'inconnu qui me fait face est immense et enorme a mes yeux le defi que je dois relever. Et puis j'ai toujours mal d'avoir perdu ma Debbie et que cette perte se soit ajoutee a toutes mes autres douleurs. Je ne m'aime pas plus, ni ne suis plus fiere de moi, ni ne me sens plus normale ni plus forte. Tout est encore tel qu'il etait hier, ruine et chantier. Il n'y pas eu de miracle, pas de buisson ardent, pas d'ocean ouvert ni d'ennemis engloutis. Pourtant il s'est passe quelque chose. Mon coeur flotte. Une joie toute douce souleve ma poitrine. Mon Jesus, mon doux Jesus, mon amour, mon Dieu fidele, pardon pardon pardon. Merci merci merci.